Le plus ancien chien des Amériques
Le Chihuahua descendrait du Techichi, petit chien élevé par les Toltèques puis les Aztèques, auquel les sources précolombiennes attribuaient un rôle rituel : il accompagnait les défunts dans l'au-delà. Des ossements de petits chiens ont été retrouvés dans des sépultures mexicaines vieilles de plus de mille ans.
La race moderne apparaît dans les années 1850, lorsque des voyageurs américains achètent ces petits chiens à des paysans de l'État mexicain de Chihuahua, qui donnera son nom à la race. L'American Kennel Club la reconnaît en 1904. Deux variétés coexistent, distinguées uniquement par le poil : à poil court, lisse et brillant, et à poil long, plus fourni avec des franges aux oreilles et à la queue.
Particularité anatomique souvent citée : le Chihuahua possède le plus grand cerveau rapporté à la masse corporelle de toutes les races canines — ce qui n'en fait pas pour autant le plus obéissant.
Un courage démesuré pour une taille minuscule
Le Chihuahua est l'un des chiens les plus mal compris. Souvent porté, rarement éduqué et systématiquement excusé, il développe ce qu'on appelle le « syndrome du petit chien » : réactivité, aboiements, grognements, parfois morsures. Correctement élevé, c'est pourtant un chien équilibré, curieux et remarquablement fidèle.
- Attachement exclusif : il élit généralement un humain de référence et lui voue une fidélité entière, quitte à se montrer jaloux du reste du foyer.
- Méfiant avec les inconnus : excellent lanceur d'alerte, mais à encadrer pour éviter que la méfiance ne devienne agressivité défensive.
- Fragile physiquement, pas mentalement : le porter en permanence et le protéger de tout contact le rend anxieux et réactif. Il a besoin de marcher, de rencontrer et d'apprendre comme n'importe quel chien.
- Sensible au froid : sa masse corporelle minuscule lui fait perdre très vite sa chaleur. Un manteau est réellement utile en hiver, ce n'est pas une coquetterie.
- Vif et joueur : plus énergique qu'on ne l'imagine, il apprécie les jeux de recherche et les petits parcours à la maison.
- Longévité exceptionnelle : 14 à 16 ans en moyenne, souvent davantage. C'est un engagement long.
Éducation : le traiter comme un chien
La règle tient en une phrase : appliquez-lui exactement les mêmes limites qu'à un chien de 30 kg. Ce qui est interdit au Berger Allemand — sauter sur les invités, grogner sur les passants, mordiller les mains — doit l'être aussi au Chihuahua. La quasi-totalité des problèmes comportementaux de la race vient de cette indulgence.
Trois priorités. La socialisation dès 8 semaines, au sol et non dans les bras : autres chiens de toutes tailles, inconnus, bruits urbains. La marche en laisse avec un harnais plutôt qu'un collier, la trachée de la race étant particulièrement fragile — voir harnais pour chien. La propreté enfin, qui demande souvent plusieurs mois : petite vessie, réticence à sortir sous la pluie et facilité à passer inaperçu à l'intérieur se conjuguent. Notre guide propreté du chiot détaille la marche à suivre.
Santé : les fragilités du format toy
La race est globalement solide et vit longtemps, mais son gabarit entraîne des vulnérabilités précises.
- Hypoglycémie du chiot : les réserves de glucose d'un chiot de 500 g s'épuisent en quelques heures. Faiblesse, tremblements, désorientation imposent un apport sucré immédiat et un appel au vétérinaire. Fractionnez les repas jusqu'à 6 mois.
- Luxation de la rotule : très fréquente. Boiterie intermittente sur une patte arrière, souvent en pleine course, puis retour à la normale.
- Collapsus trachéal : toux sèche caractéristique, dite « en cri d'oie », aggravée par l'excitation et par le collier. Voir chien qui tousse.
- Hydrocéphalie : accumulation de liquide dans le crâne du chiot, avec crâne bombé et troubles neurologiques.
- Fontanelle ouverte : un petit espace non ossifié persiste au sommet du crâne chez de nombreux sujets. Sans gravité en soi, il impose de protéger la tête des chocs.
- Problèmes dentaires : dents serrées dans une mâchoire minuscule, persistance des dents de lait, tartre précoce. C'est la première cause de consultation chez l'adulte.
- Traumatismes : chutes du canapé, portes, pieds. Une grande partie des urgences de la race sont domestiques.
Entretien
- Brossage : une fois par semaine pour le poil court, deux à trois fois pour le poil long, en insistant sur les franges des oreilles et l'arrière des cuisses.
- Bain : toutes les six à huit semaines, avec séchage complet — un si petit chien se refroidit très vite.
- Dents : brossage plusieurs fois par semaine, c'est le geste d'entretien le plus rentable de la race.
- Griffes : coupe mensuelle, elles s'usent peu chez un chien aussi léger.
- Yeux : nettoyage régulier, les yeux ronds et saillants larmoient facilement.
Alimentation
Comptez 40 à 80 g de croquettes par jour pour un adulte de 2 à 3 kg, réparties en deux à trois repas. Choisissez impérativement une croquette « mini » de très petit calibre, adaptée à sa mâchoire.
À cette taille, tout compte : une seule friandise de taille standard peut représenter 15 % de la ration quotidienne. Coupez les récompenses en miettes, et pesez le chien chaque mois — 300 g de trop sur un Chihuahua équivalent à 4 kg sur un Labrador. Voir alimentation du chien adulte.
Pour qui ?
Le Chihuahua convient à la vie en appartement, aux personnes âgées, aux maîtres peu sportifs et aux budgets d'entretien modestes — hors frais vétérinaires, qui restent ceux de n'importe quel chien. Sa longévité en fait un compagnon de très longue durée.
Il est déconseillé aux familles avec de jeunes enfants turbulents, un chien de 2 kg se blessant gravement lors d'une simple chute, et à ceux qui cherchent un compagnon de sport. Il l'est également à quiconque compte le porter en permanence : c'est le meilleur moyen de fabriquer un chien anxieux et mordeur. Voir aussi nos jouets pour petits chiens.